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LES INSTRUMENTS A PERCUSSION


1) CHEZ LES DIFFERENTES ETHNIES

Le nombre de types d’instruments musicaux recensés jusqu'à présent en Afrique est considérable. Il existe d’abord de multiples façons dont le corps humain, les éléments naturels, les objets de toute sorte peuvent être utilisés comme instruments de musique : battements de mains, entrechocs et percussions corporelles, abdomen résonateur ; battage rythmé de l’eau, pilons percutés sur mortier, bruits de meule, percussion sur rebord de pirogue... La famille des tambours comporte une très grande variété d’espèces à une ou à deux peaux, à tension variable (tambour d’aisselle, tambour sur cadre), à friction, avec timbre, de forme tubulaire, tronconique, sphérique, avec charge au centre de la membrane... Les dimensions des tambours sont aussi variées qu’il est possible, la longueur de certains fûts pouvant dépasser deux mètres. Ils sont tantôt battus à mains nues, tantôt avec des baguettes aux profils les plus divers : droites et flexibles, recourbées et rigides, crochues... Parfois le tambourinaire joue d’un seul instrument, parfois il en utilise une véritable batterie, de deux à cinq. Il peut obtenir une grande variété de sonorités en modifiant la façon de frapper la peau, au centre ou à la périphérie, de la pointe des doigts ou avec toute leur longueur, du plat de la main. Les instruments à percussion ou entre-choc abondent, tels les hochets, les sonnailles, les bruiteurs, les xylophones, les clochettes... Certains de ces instruments sont assez largement répandus, d’autres sont relativement localisés : le xylophone par exemple se rencontre en Afrique de l’Ouest, en Afrique Centrale et Orientale et dans le sud du continent, aussi bien dans les zones forestières que dans les régions de savanes. Même si elle peut paraître fastidieuse, elle ne pourra en tout cas être complète, voici une énumération de quelques instruments à " percussion " que l’on peut trouver dans les différents pays présentés précédemment ; chaque instrument est rattaché à l’ethnie dont il est issu. Il faut savoir que les musiciens occidentaux confondent dans la catégorie des " percussions " les idiophones et les membranophones.

a) LA COTE-D’IVOIRE

Tambours à fente :
le gonoe, chez les Dan ; les gonoe sont des tambours de bois toujours joués par paire (un grand et un petit), fabriqués dans un tronc d’arbre évidé par une large fente et d’une ou deux fentes supplémentaires très minces ; le tambourinaire frappe à l’aide de deux baguettes ; l’instrument est porté verticalement à l’aide d’une sangle ou bien posé sur le sol ; il est utilisé pendant des travaux en rapport avec l’agriculture et pendant les sorties de certains masques ; le gule, chez les Guéré ; le kokorogo, chez les Sénoufo ; les krakré, krokoto, klanklé, chez les Gouro. Tambours à friction :
le guéyibeu, tambour en terre chez les Dan ; il est constitué d’une fosse recouverte d’un morceau d’écorce au milieu duquel sont fixées des fibres végétales que deux joueurs font glisser dans leurs mains ; le son qu’il émet ressemble au rugissement d’une panthère ; il est utilisé pendant la sortie du masque guéyideu ; le kangale-klen, chez les Baoulé ; sa peau est frottée avec deux baguettes crochues qui produisent un son ressemblant là aussi au rugissement de la panthère ; ce tambour fait en général partie d’un ensemble instrumental et se joue à l’occasion de manifestations publiques.
Tambour sur poterie :
le pon, chez les Sénoufo.
Tambours à une membrane :
les atungblan (voir la description p.), goly-klin, klin-dan, klin-ba, klin-si (frappé avec deux baguettes crochues), kogou, korotomou, kpung (frappé avec deux baguettes droites), kwakra (frappé avec deux baguettes droites), osoaun (frappé avec deux baguettes droites), pendre (frappé à mains nues), plaplo (frappé avec deux baguettes droites) , chez les Baoulé ; tous ces instruments font partie d’un ensemble qui joue à l’occasion de manifestations publiques ; le baa, chez les Dan ; c’est le tambour le plus répandu dans cette ethnie ; il est constitué d’une caisse en forme de mortier et d’une peau d’antilope attachée avec des lanières tendue par des coins ; le musicien le porte à l’aide d’une sangle et le frappe à hauteur du ventre avec les deux mains ; il accompagne en général un choeur d’hommes ou de femmes (il se rapproche beaucoup du djembe) ; les blibou, bligoné, blihouo, blikprekpenin, blinin, blitalolou, finniblin, finni kprekpenin, pintini, toummalo , chez les Gouro ;
les blotou, gbele, tugba, chez les Guéré ; le gbele est un petit tambour frappé avec deux minces baguettes dont la peau est tendue par des piquets ; il se joue à l’occasion de travaux difficiles pour encourager les hommes ;
le jembe (voir description p.), chez les Malinké.
Tambour-sablier :
le lunga, chez les Baoulé et les Malinké ;
le tama, chez les Malinké et les Sénoufo ; il est constitué d’une caisse en forme de sablier dont chacune des deux extrémités ouvertes est recouverte d’une peau ; des lanières en cuir relient les deux membranes permettant de varier la tension ; le musicien tient le tambour sous son aisselle et frappe la peau avec un bâton recourbé.
Tambours cylindriques :
les dunu, tudogo, chez les Sénoufo. Chez toutes ces ethnies, on rencontre également des tambours à deux membranes ainsi que des tambours d’aisselle. Il existe différents types de xylophones en Côte-d’Ivoire (voir rôle et description p.) ; ils se divisent en deux groupes : les xylophones sans résonateurs et les xylophones à résonateurs de calebasse.
Xylophones sans résonateur :
le blaholé, constitué d’un tronc de bananier et de huit lames chez les Gouro ; les lames sont frappées à l’aide de baguettes dont certaines comportent à leur extrémité une boule de latex ; le blaholé est généralement joué par des enfants prés des plantations et sert d’épouvantail ;
le gbo, constitué d’un tronc de bananier et de six ou huit lames chez les Guéré ; des clous en bois sont enfoncés entre chaque lame dans les troncs mous des bananiers et tiennent les lames en place ; le xylophone peut être joué par une seule personne ; en général, il est joué par deux musiciens accroupis face à face ;
le gonoe, constitué d’un tronc de bananier et de sept lames chez les Dan ; le jomolo ou dyomoro, constitué d’un tronc de bananier et de six lames chez les Baoulé ; à la différence des xylophones à résonateurs dont les touches sont frappées en leur milieu, elles sont ici frappées sur leur extrémité ; la pratique de cet instrument est considéré comme un bon apprentissage pour un futur tambourinaire.
Xylophones à résonateurs de calebasse :
le bala, xylophone constitué de dix-sept lames ; le jele, xylophone constitué de douze lames chez les Malinké ; le xylophone bala est connu en français sous le nom de balafon, mais ce terme désigne en réalité dans la langue malinké l’action de jouer ; c’est un instrument joué par des griots, musiciens professionnels appartenant à une caste de musiciens appelés en malinké " jeli " ;
le dyegele, xylophone à douze lames chez les Sénoufo-Kiembara ; il ressemble au bala des Malinké mais il est porté suspendu à l’aide d’une sangle ; les Kiembara en joue en général dans un orchestre de trois ou quatre instruments ;
le jabo, xylophone à seize lames chez les Sénoufo-djimini ; il est joué par deux musiciens debout côte à côte ; l’un joue dans les graves, l’autre dans les aigus ; les touches sont frappées par deux baguettes dont les bouts sont entourés de caoutchouc ; sous chaque touche pend une calebasse qui sert de résonateur ;
les jebaa, jegara, jele, xylophones constitués de douze lames ; le jegbaa, xylophone constitué de treize lames ; le jegele, xylophone constitué de vingt ou dix-neuf lames ; le pon, xylophone de dix-neuf lames chez le reste de l’ethnie des Sénoufo.

b) LE MALI ET LA GUINEE

On retrouve le même type d’instruments dans les différentes ethnies du Mali présentes également en Guinée, mais contrairement à ce que l’on pense, leurs noms diffèrent à chaque fois. Les Dogon sont certainement l’ethnie la plus représentative du Mali au niveau des instruments. Ils utilisent principalement :
les tambours de bois, le koro ; il est sans membrane ;
les tambours de pierre, le dumo inu ;
les tambours d’eau ;
les tambours de calebasse, le kosu pélé ; ces tambours restent la priorité des femmes ;
les tambours de calebasse avec membrane, le baruba ;
les tambours d’aisselle, le gomboy, le kalamu.
A cela viennent s’ajouter, un tambour rond appelé boy dunule, de grands tambours le boy na, le gangang, un tambour de noix de baobab joué exclusivement par les enfants appelé le kunyu, le dundun tambour cylindrique en bois évidé recouvert à ses deux extrémités par une peau tendue sur laquelle le musicien frappe avec une baguette.
Les autres ethnies utilisent principalement le tambour d’aisselle : le dunka pour les Bambara et le tama pour les Malinké.

c) LE BURKINA FASO

Les Mossi forment l’ethnie majoritaire du Burkina Faso. Mais on rencontre également d’autres groupes moins importants comme les Peul, les Bobo, les Lobi, les Dagari, les Birifor, les Gan, les Samo, les Bisa... Les instruments utilisés par ces différentes tribus sont en général : les tambours de calebasse, le binha chez les Mossi, le kakol chez les Peul, le bimbiri chez les Bobo ;
les tambours à une membrane, le bili chez les Lobi, le diallé chez les Dagari, le koli chez les Birifor, le koso chez les Gan, le tronconique chez les Samo ; ce dernier est fait dans un morceau de tronc d’arbre qu’on creuse d’un côté ; il est battu avec une baguette droite dans la main droite et avec la main gauche ; il est porté en bandoulière
les tambours à double membrane, le bambam chez les Lobi, le dindin ou makun chez les Samo, le ganguado chez les Mossi, le gulu chez les Lodagaa, le pompo chez les Samo ; le bambam des Lobi est un tambour tubulaire à deux peaux lacées ; une peau est frappée par une main tandis que l’autre main tient un bâtonnet avec lequel elle percute la caisse du tambour ; le dindin des Samo est un tambour cylindrique employé pour les cérémonies et peut être de différentes tailles ; le gulu des Lodagaa se porte suspendu à l’épaule, joué à l’aide d’une main et d’un bâton recourbé ;
le pompo des Samo est un tambour à deux peaux long de 130 cm qui est battu à l’aide de baguettes courbes ; le tambour-sablier, damèle, ma ou mabwé chez les Samo ; ce tambour est constitué par deux extrémités d’une caisse en bois en forme de sablier ; ces deux extrémités sont tendues de peaux de chèvre tannées reliées entre elles par des lacets de cuir ; le tambour d’aisselle, le luinssé chez les Mossi. Enfin, on rencontre deux types de xylophones : le xylophone des Bambara à deux lames et le djil à quatorze lames et résonateurs en calebasse avec mirlitons chez les Dagari, appelé elong chez les Lobi.

d) LE SENEGAL

Ici aussi, on rencontre une grande variété d’instruments à percussion. Cette famille est représentée par :
les tambours à fente, le kabisa et le konkon chez les Diola ; ces tambours ne sont que des troncs d’arbres creusés avec une seule fente longitudinale ; ils sont frappés avec les mains ou avec des lattes en bois. La fabrication du plus grand, le kabisa est tenue secrète et ne peut s’effectuer que dans les bois sacrés par un initié : on dit même que ce dernier se transforme en fourmi pour pénétrer à l’intérieur du tronc d’arbre et enlever le bois. les tambours de calebasse que l’on trouve principalement chez les Wolof, les Sérère et les Toucouleur ;
les tambours sur pied à une membrane, le bugur chez les Diola, le djoundjoung et le hin chez les Sérère, le kutiriba, le kutirin-dingo et le sawrouba chez les Malinké, le mbalack et le ndeund chez les Wolof. Le bugur repose à terre sur son extrémité la plus fine et est frappé à la fois avec une main et une baguette de bois. Le kutiriba est de forme plus ou moins conique, avec une large bouche et une base plus étroite, et est frappé à l’aide d’une main et d’un bâton. Le ndeund est un gros tambour fait dans un tronc de bois, évidé, dressé à terre, dont l’extrémité recouverte de peau est frappée par le musicien qui, assis, le tient entre ses jambes ; le ndeund servait à transmettre des messages (annonce d’un événement important, appel aux spécialistes de l’extraction du venin de serpent...).
Le " sawrouba " est de forme allongée et orné de 27 lanières blanches placées autour de la membrane en peau de chèvre ; il est muni de gris-gris en perles de couleur qui servent de protection contre les mauvais esprits et est frappé alternativement par les deux mains. D’autres tambours à membrane sont utilisés ; ainsi on trouve le sabar chez les Malinké (très utilisé également chez les Diola), le tabala chez les Maure, le tambour d’aisselle à double membrane tama chez les Wolof. Le sabar est un long tambour étroit ouvert à l’extrémité, légèrement concave au milieu, dont la tête est recouverte d’une peau de chèvre que l’on frappe d’une baguette. Ce tambour est le support par excellence de la danse. Le tabala est fait d’une calebasse très évasée recouverte d’une peau.
Le tama est un petit tambour fait d’un corps de bois rond et creux, très évasé à ses deux extrémités qui portent deux membranes reliées entre elles par de nombreuses cordelettes ; le musicien utilise une baguette retournée.
Dans tout ces pays et dans toutes les ethnies, de nombreuses autres percussions sont utilisées ; elles sont considérées pour la plupart comme des accessoires destinés aux accompagnements : les bâtons entrechoqués, les battements de mains sur les fesses, les bouteilles frappées, les calebasses vides frappées sur la main, les carapaces de tortue frappées avec des baguettes de bois, les claquements de lèvres, la corne d’antilope frappée avec une baguette, la lame de fer battue, le mortier en bois percuté avec un pilon, les bâtons frappant le sol... plus toute la famille des hochets-sonnailles (parfois de grandes dimensions, faits d’une calebasse enveloppée dans un filet sur lequel sont enfilés des coquillages, ils accompagnent fréquemment les choeurs de femmes), les sonnailles (portées par de nombreux danseurs autour de leurs chevilles, et aux poignets par les joueurs de xylophones), les cloches (souvent associées aux ensembles de tambours à membranes), les grelots...

2) QUELQUES INSTRUMENTS ESSENTIELS

Chez les Mossi du Burkina-Faso, outre la diversité des percussions énumérées précédemment, les membranophones sont représentés par trois instruments :
Le bendré est une grosse calebasse évidée (70 à 80 cm de diamètre). A la partie supérieure est fixée une membrane (cuire de chevreau). Sur cette peau se trouve un enduit spécial, un produit considéré comme magique (tiim) qui permet d’obtenir une grande variété de sons. Ce tambour est réservé aux groupes représentatifs des hommes nobles, les nanambse.
Le tambour d’aisselle, lunga, répandu dans tout l’ouest africain, présente un corps en forme de sablier. Deux membranes sont fixées aux extrémités et reliées par un ingénieux système de tendeurs. La pression du bras permet de subtiles variations de timbre. Une baguette et un idiophone complètent le lunga.
Les gângâado, tambours cylindriques de formes et de longueur variables ne diffèrent pas des tambours de cette famille que l’on peut trouver dans d’autres ethnies. On utilise deux baguettes recourbées, une grande lanière soutient l’instrument ainsi accroché à l’épaule du musicien. Ce tambour est utilisé exclusivement lors de la circoncision.

A) LE DJEMBE

Le djembe est un instrument utilisé par la plupart des groupes musicaux et des ballets d’Afrique de l’Ouest, du Sénégal au Burkina-Faso ; il est devenu un des instruments de percussions " ethniques " les plus populaires en Europe : il apparaît dans la plupart des festivals de musique, les manifestations sont souvent rythmées, à un moment ou à un autre par les sons de ce tambour. Le djembe est un instrument d’origine malinké (Guinée, Mali, Sénégal), mais on le trouve également chez de nombreux groupes ethniques voisins : les Dioula de Côte-d’Ivoire et du Burkina-Faso, les Bambara du Mali, les Soussou, les Baga et les Landouma de Guinée, les Peuls du Fouta-Djalon, et les Sarakolé du Mali et du Sénégal et les Bobo du Mali et du Burkina. C’est un tambour taillé en forme de calice dans une seule pièce de bois et monté d’une peau de chèvre, laquelle est tendue par un système de cordes tressées et tirées entre deux filets : l’un est fixé au bas du tambour et l’autre au bord de la peau. Le djembe est joué à mains nues après que la peau est été chauffée pour en augmenter la tension. Les musiciens trouvent aujourd’hui des cordes de meilleure qualité, capables de subir des tensions beaucoup plus grandes. Ils peuvent alors exercer sur la peau une traction plus forte et moins dangereuse que ne l’était la tension provoquée par la chaleur. Plusieurs sonnailles sont souvent rajoutées à l’instrument ; elles sont composées d’une feuille de métal garnie d’anneaux et de grelots. Le djembe n’est pas exclusivement réservé aux griots comme peuvent l’être le balani malinké ou le jeli n’goni. Certains musicologues l’attribuent aux forgerons même si les tambourinaires les plus connus portent des noms de familles nobles : Keïta, Konaté, Coulibaly... Ces familles n’acceptent pas facilement que leurs enfants deviennent des musiciens professionnels ; cela est perçu comme une déchéance sociale. Seul un griot peut faire de la musique sa profession. Le djembe a toujours été utilisé pour les fêtes, les travaux des champs ; en pratiquer n’était donc pas considéré comme une profession et une personne issue d’une famille noble pouvait donc en jouer. En Afrique de l’ouest, le djembe se joue seulement à l’occasion de manifestations publiques et spécialement pendant les mariages. Le djembe se joue alors chaque jour pendant sept à dix jours et plusieurs heures. Seules les femmes et les jeunes filles dansent. Les danses commencent par un chant de femmes, puis le djembe toujours accompagné du kangueni (tambour à double membrane) commence à jouer. Les femmes dansent en cercle autour des musiciens puis deux ou trois d’entre elles s’écartent du groupe et donnent un signal pour que les musiciens se lancent dans des improvisations.

B) LE TAMBOUR PARLEUR DES AKAN DE COTE-D’IVOIRE :

L’ATTOUNGBLAN Qui n’est pas fasciné par le phénomène du tambour parleur ? Phénomène qui est souvent considéré par les occidentaux comme l’un des mystères de l’Afrique.
Les instruments susceptibles d’émettre un langage tambouriné sont nombreux et variés. Pour simplifier, les tambours de bois sont utilisés surtout dans l’ouest du pays, les tambours d’aisselle dans le nord, dans les pays de culture akan c’est à dire " dans la forêt guinéenne, et au Soudan, le tambour parlant est (...) une paire de tambours verticaux, cylindriques ou cylindro-coniques, de forme allongée, avec une membrane de cuir munie de tenseurs à coins ", (Niangoran Bouhah, G., Introduction à la drummologie, collection Sankofa, Abidjan, 1981). Mais le tambour parleur le plus prestigieux des Akan de Côte-d’Ivoire est sans aucun doute l’ attoungblan, encore appelé ntumpan, attingba, attigble selon les régions.
La description de ce tambour correspond à celle citée plus haut : il est constitué de deux tambours jumelés, à une seule membrane, joué par le même tambourinaire à l’aide de deux baguettes crochues. Les deux tambours sont de même dimensions ; seul leur diamètre diffère. L’un est appelé " mâle ", l’autre " femelle ". La peau du tambour " mâle " possède des poils, signes de virilité, alors que la membrane du tambour " femelle " est rasée. L’ attoungblan ne fait pas partie des tambours les plus grands ; seulement un mètre de profondeur. Ils ne sont pas considérés seulement comme des objets matériels ; il apparaît comme une création divine ; ainsi la fabrication de l’instrument se termine systématiquement par un rituel de sacralisation. Le tambourinaire le plus expérimenté a seul le droit de jouer sur l’ attoungblan. Ce tambour peut également participer à des fêtes et se mêler à des orchestres comprenant d’autres instruments à condition que ceux-ci fassent silence lorsqu’un message doit être entendu.

C) PETITE PRESENTATION DU XYLOPHONE

Le xylophone est un instrument constitué d’une série de lames de bois de dimensions différentes permettant de produire plusieurs sons. Lorsque les lames sont accompagnées de résonateurs en calebasse, on l’appelle souvent balafon. Il est différent selon les régions du pays mandingue.
Dans le centre et le sud, les xylophones sont assez rustiques, de taille réduite, et souvent utilisés comme épouvantails sonores, par exemple pour tenir les singes éloignés des plantations ; ils sont donc plutôt considérés comme des jouets musicaux et sont d’ailleurs le plus souvent entre les mains des enfants. Ces instruments sont dans la majorité constitués par six lames posées sur deux troncs de bananiers ; si les sons produits effraient les animaux, il est également très agréable d’écouter attentivement les mélodies et les techniques du jeu sont toujours impressionnantes.
Dans le nord du territoire, chez les Malinké et les Lobi, les xylophones ont des dimensions beaucoup plus importantes. Le nombre des lames varie selon le type d’instrument de douze à vingt
. Dans certains cas, les dimensions des calebasses obligent les musiciens à munir leur instrument de pieds qui leur donnent l’aspect d’une table. Mais actuellement, les xylophones du nord se jouent soit à même le sol, soit suspendus à une bretelle passant sur les épaules du musicien.
Les lames sont frappées au milieu à l’aide de mailloches dont l’extrémité est constituée d’une boule de gomme végétale qui ressemble beaucoup au latex. Les xylophones peuvent être joués par des solistes, servir d’accompagnement pour des chanteurs ou être regroupés avec des tambours et constituer ainsi des orchestres plus ou moins importants. Ces orchestres jouent un rôle particulièrement important dans les cérémonies de funérailles.

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Les percussions mandingues


En France, le tambour africain est un mythe. Beaucoup de gens croient qu’il s’appelle " tam-tam ", que ce tam-tam est un tambour dont la peau est battue à mains nues, et qu’il sert à transmettre des messages. L’erreur est énorme, et tellement répandue que même les noirs francophones la répètent. En fait, le tam-tam est un gong asiatique : aucun tambour africain (et il y en a des milliers différents) ne s’appelle ainsi. Et le tambour qui sert à transmettre des messages est un tronc d’arbre évidé battu non pas avec les mains mais avec deux bâtons.

" SOMMAIRE"

LA MUSIQUE DANS LES TRADITIONS DE L’AFRIQUE DE L’OUEST

Le rythme est toujours présent dans les activités quotidiennes des africains. De sa hache, le bûcheron attaque le tronc d’arbre à coups réguliers soutenus par des onomatopées. Les femmes pilent le mil en alternant les coups de pilon dans le même mortier, sur un mouvement régulier soutenu par des chants de travail.
La plupart des jeux d’enfants sont à base de rythmes. Pendant les fêtes de fin d’année au Cameroun, certaines communes sont particulièrement animées par des jeunes qui, pour l’occasion se sont constitués en groupe de percussion et de danse. Ils vont d’une famille à l’autre adresser leur voeux de nouvel an. Le spectacle est tout en rythme.
La musique africaine est dominée par les percussions mais certains griots se servent d’instruments mélodiques traditionnels. La musique devient alors le support d’un récit à travers lequel est véhiculé un message. Ce message peut être un enseignement ou une morale. Le thème est mélodique et nuancé selon le récit. En Afrique, la musique est surtout d’utilité sociale. Dans la société traditionnelle, les percussions ont été et restent un outil de communication. Le tambour le plus utilisé dans l’ouest, Sénégal, Guinée, est un tambour à fente formé de deux lèvres d’épaisseur inégale, sans languettes ; au Cameroun, la section sonore est évidée par une fente longitudinale interrompue par une languette centrale permettant d’obtenir plusieurs sons. Depuis l’arrivée de nouveaux moyens de communication, cette tradition est en voie de disparition. Mais dans certains villages, ces instruments servent encore pour les appels et les annonces à la population. Les maisons royales d’Afrique Occidentale transmettaient des messages à d’immenses distances au moyen de certains rythmes de tambour. En entendant par exemple des appels tristes, la population pouvait comprendre qu’un membre de la famille royale était mort, et le nom de la personne décédée était épelé dans le message ainsi tambouriné. Dans certaines régions, on fait retentir un rythme pour appeler les hommes à un travail collectif tel que la construction de chemins ruraux. L’alerte en cas de danger était déclenchée par des rythmes spéciaux appelant la population à se rassembler et défendre le village. Dans les mêmes circonstances, il est encore possible de voir les gens crier en se frappant la bouche (paume ouverte contre les lèvres) en signe d’alerte. Ces quelques exemples nous montrent bien que la musique joue un rôle important dans la vie des africains. La musique africaine a un éventail de formes variées, chacune adaptée à une activité particulière (naissance, deuil, travail, etc...). La musique prend parfois la place de la parole. Dénominateur commun de toutes les musiques du monde, le rythme est l’âme de la danse. En Occident, on se sert encore des mots " gavotte ", " gigue ", " sarabande " pour désigner les types de danses composées du temps de J.S. Bach. En Afrique, le rythme est toujours lié à la danse. La danse est un moyen de communication entre le corps et le rythme. Nous avons tous une réceptivité par rapport au rythme. Dans toutes les salles de concert du monde, les spectateurs n’ont pas besoin d’instruments pour ressentir la même pulsation que les musiciens de la scène. Les têtes bougent au rythme de la grosse caisse et les mains frappent aux temps forts et réguliers des refrains. La danse africaine est souvent considérée par les non-initiés comme une séance de défoulement. Très souvent, les gens se lancent sur une piste et s’agitent dans tous les sens comme si les rythmes endiablés qu’ils entendent avaient pour but de les défouler. Le danseur africain est un percussionniste chez qui le son fait défaut. Son corps est rythme, syncope, roulement de tambour. Dans la culture africaine, la danse est liée aux principes fondamentaux qui régissent la vie quotidienne de la communauté. Dans un ballet, elle peut servir de support pour transmettre au public le message qui lui permet de comprendre les habitudes et coutumes d’un peuple.

1) LES PAYS REPRESENTATIFS DE L’AIRE MANDINGUE

Le pays mandingue (ou Mandé, qui est le terme utilisé dans les récits historiques) comprend le Nord-Ouest de la Guinée, une partie du Nord-Ouest de la Cote-d’Ivoire et la partie Sud-Est du Mali. Ces trois pays sont représentatifs de l’aire mandingue même si celle-ci concerne également le Burkina Faso et le Sénégal pour certains ethnomusicologues. Cette aire géographique correspond à la famille des langues mandingues pour la plus large part composée des groupes ethniques malinké, bambara et dioula qui, de nos jours, débordent largement les frontières du Mandé. Chaque région a en général un répertoire qui lui est propre, avec des rythmes appartenant à tel ou tel village. Ces rythmes correspondent le plus souvent à des danses qui ont lieu à des moments bien précis dans la vie quotidienne. Auparavant, les percussionnistes devaient voyager énormément et écouter les batteurs des autres villages pour apprendre de nouveaux rythmes.

a) LA COTE-D’IVOIRE

Comme toute l’Afrique, la vie en Côte-d’Ivoire est ponctuée par la musique. Si cette musique à parfois une fonction récréative, elle demeure le plus souvent sociale et sacrée et appelle l’accompagnement du chant et de la danse. La Côte-d’Ivoire possède une grande diversité au niveau de ses peuples. Cependant il est possible de dégager quatre grandes aires ethno-culturelles qui regroupent toutes les ethnies : l’aire Gour ou Voltaïque, l’aire Mandé, l’aire Krou et l’aire Akan. Les Gour ou Voltaïques : sous cette appellation sont regroupés les peuples Sénoufo, Koulango, Lobi, pour les plus importants, ainsi que de petits groupes assimilés (comme les Gouin, les Siti et les Degha). Parmi les différentes musiques ivoiriennes, il faut citer la musique sénoufo, très élaborée. En exemple, la musique accompagnant l’initiation, le " poro ", dont les instruments diffèrent selon qu’il s’agit d’initiation d’hommes ou de femmes. Cette musique est polyphonique, chaque instrument jouant sa propre partie. Dans l’ouest du pays sénoufo, on associe aux xylophones des sifflets, des harpes ou des voix humaines. Le chant est généralement alterné ou bien deux chanteurs prennent tour à tour la parole ou bien encore un choeur à l’unisson répond au soliste. Les hommes et les femmes ne chantent pas ensemble, mais dans la société sénoufo, ces dernières battent le tambour. Les Mandé : les peuples mandé se divisent en deux ensembles distincts ; les Mandé du Nord ou Manding et les Mandé du Sud. Les Mandé du nord se répartissent en Malinké, Bambara et Dioula. Les Malinké sont les plus nombreux. Ils ont fortement influencé les peuples voisins comme les Sénoufo et les Mandé du Sud auxquels ils sont apparentés linguistiquement. L’ appellation Mandé du Sud s’applique à sept groupes ethniques mais les plus importants sont les Dan, plus connus sous le nom de Yacouba et réputés pour leur travail artistique sur les masques, les Gouro (ou Kouéni) grand groupe mandé du sud et les Wembo (ou Toura). Apparentés aux Gouro, il y a aussi les Mona et les Ouan, petites ethnies, elles ont subi l’influence des Malinké et des Baoulé. Les deux derniers groupes ethniques que l’ont recenses sont les Gban (ou Gagou) d’une part et les Ben ou Ngan d’autre part. Les Krou : les Krou forment un ensemble de vingt et une tribus et se divisent en deux grands groupes. Le premier, groupe Krou oriental, comprend les Bété, les Dida, les Godié et les Néyo. Le second, groupe Krou occidental, comprend les Wé (Guéré et Wobé), les Niaboua et le groupe du sud-ouest de la Côte-d’Ivoire (Bakwé et Kroumen). Les Akan : ils se répartissent en trois grand groupes ; les Abrons, les Agni et les Baoulé auquels se rattachent une dizaine d’autres petites tribus (Alladian, Ebrié, Abouré, etc.). Ils occupent l’est, le sud-est et le centre de la Côte-d’Ivoire. La musique du groupe baoulé-agni est elle aussi, très riche : l’agencement du rythme, la cadence de la phrase musicale très étudiés. Cette musique peut être sacrée (musique rituelle), ou un simple divertissement. En effet, les Baoulé aiment se réunir entre homme pour chanter. Il existe là aussi de nombreux tambours (tambours d’appel, tambours d’initiation, etc.). Ces authentiques objets d’art, gravés ou peints, se retrouvent dans toutes les ethnies de Côte-d’Ivoire.

b) LE MALI ET LA GUINEE

Nous avons vu précédemment le nombre d’ethnies que peut regrouper un pays comme la Côte-d’Ivoire ; certaines de ces ethnies se retrouvent également au Mali. C’est le cas pour l’ethnie des Sénoufo dont une partie se trouve en Haute Côte-d’Ivoire, une autre au sud-est du Mali et une au sud-ouest du Burkina-Faso. Mais l’ethnie la plus représentative du Mali est certainement celle des Dogon qui se trouve sur le plateau Bandiagara et qui présente certains points communs avec les Voltaïques du Burkina-Faso. Ils sont environ 225000 et apparentés aux Mandingues. Leur musique joue un rôle fondamental et accompagne la plupart de leurs activités. Elle organise toutes les cérémonies et sert de base à la plupart des manifestations : les chants, les rythmes tambourinés, le battement de cloches... les accompagnent dans la vie de tous les jours. La musique est la compagne inséparable du travail car elle apporte aux travailleurs les forces qui leur redonnent la vie et la vitalité. Dans les travaux agricoles, elle joue un rôle particulièrement important car symboliquement elle provoque l’arrivée de l’eau. Les instruments utilisés par les Dogon, sont à la fois rudimentaires et d’une grande complexité. Ils sont rudimentaires dans les matériaux qui sont utilisés pour leur fabrication. On dit qu’ils sont compliqués car toutes les parties de l’instrument ont une symbolique très importante. Les différents tambours par exemple représentent les principales étapes de la création. Les Malinké peuplent principalement la Guinée mais également une partie du Sénégal. Les percussions sont les instruments par excellence des Malinké (le djembe vient de Guinée). Elles sont également utilisées par les Bambara et les Djula qui habitent la République de Guinée, l’ouest du Mali et le nord de la Côte-d’Ivoire. Tous ces peuples mandingues sont donc étroitement liés au point de vue culturel.

c) LE SENEGAL

Dans ce pays, on retrouve une majorité des ethnies évoquées précédemment mais les Diola sont ceux que l’on remarque en premier car ils forment un bloc homogène qui recouvre toute la Casamance. Ils restent très attachés à leurs traditions mais ont été en grande partie islamisés par les Mandingues. Ces derniers représentent 6% de la population totale et sont des guerriers musulmans qui s’installèrent en Haute-Casamance ; ils englobent : - les Mandingues (Casamance, Guinée, Gambie) ;
- les Malinkés ou Maninka (Guinée) ;
- les Bambara (Mali) ;
- les Dioulas (commerçants guinéens et maliens en Côte-d’Ivoire).
Au Sénégal, comme dans la majeure partie de l’Afrique, on a essentiellement une musique polyrythmique de tambours. La musique y est surtout un art de participation. D’une part il y a les musiciens mais les auditeurs ne sont pas inactifs et participent par le chant, le geste et la danse. Les instruments employés sont souvent à percussion. Leur rôle est de soutenir la voix et les instruments épousent les variations de celle-ci. Chez les Diola, tout le monde peut chanter ou jouer d’un instrument et il n’y a pas comme chez leurs voisins les institutions de griots. Les relations étroites depuis longtemps avec les groupes islamisés mandingues d’une part et la colonisation française d’autre part explique peut-être l’influence qu’a subie leur musique. Les Diola pratiquent lors des célébrations de mariages mais aussi des baptêmes ou des confirmations, une danse, rythmée par des percussions, appelée le bugur qui peut durer une heure ou quelques jours. Les danseurs hommes et femmes sont à l’intérieur d’un cercle formé par des chanteurs et par des femmes qui entrechoquent des bâtons de bois. Les tambours sont toujours du côté des hommes et les rythmes deviennent plus rapides lorsque quelqu’un rentre dans la danse. La batterie qui accompagne cette danse est composée le plus souvent de trois tambours joués par un seul homme.

d) LE BURKINA FASO

Peuple d’Afrique occidentale, les Mossi forment l’ethnie majoritaire du Burkina Faso et représentent 48% de la population totale. C’est un peuple très attaché à la tradition où la musique et le chant soutiennent et ponctuent la vie sociale et culturelle. Des spécialistes, musiciens détenteurs des langages tambourinés ont la charge d’animer les fêtes : ce sont des griots appelés Yuumba. Ce sont des historiens qui sont formés par transmission orale, transmission qui se fait de père en fils, pour chanter la gloire des grands rois. Parallèlement et au cours d’un long apprentissage, le jeune musicien apprend le langage tambouriné et c’est seulement lorsqu’il maîtrise d’une part la parole, d’autre part l’instrument, qu’il peut prétendre devenir Yuumba. Chez les Mossi, il existe une véritable aristocratie des griots. Tout semble parfaitement réglé comme dans la vie quotidienne où tout est organisé strictement. Il y a d’abord les Benda qui jouent d’un tambour spécial et dont le chef appartient à la famille royale. Plus modestes sont les Luinsé que l’on peut rencontrer partout, sur les places des marchés, pendant des mariages ou des funérailles, prés de chef dont ils font l’éloge ; ils sont indispensables mais n’ont pas de statut social spécifique. On trouve également les Gangado qui jouent d’un grand tambour cylindrique ; ce sont en général des particuliers plus ou moins musiciens qui participent aux travaux agricoles. Leur rôle est d’encourager les agriculteurs. Il existe donc plusieurs types de griots, issus de différents milieux sociaux ; il y a ceux qui vivent prés de leur maître (en général dans les palais royaux) et ceux qui travaillent sur les marchés en vue d’une éventuelle rétribution. Enfin, dans les différents groupes de Mossi, la danse joue encore une fois un rôle important. Lorsque se réunit un groupe de tambourinaires avec des instruments différents et auxquels peuvent s’adjoindre d’autres familles d’instruments, une danse peut commencer. On peut ainsi observer des danses circulaires dont certaines ont un nombre de pas très important. Pendant certaines de ces danses, un couple peut mimer les gestes de l’amour au rythme des tambours. Lors des funérailles, les jeunes enfants retracent la vie du mort en mimant les diverses activités qu’il pratiquait.

2 L’EVOLUTION DES PERCUSSIONS AUJOURD’HUI

Aujourd’hui existent en Afrique de l’ouest des villes très importantes d’où sont issus les plus grands tambourinaires et les plus grandes formations qui ont une réputation mondiale. A Conakry, capitale de la Guinée, se sont installés en 1959 les Ballets Africains de Keïta Fodéba qui étaient à l’époque la première compagnie de ballet véritablement professionnelle fondée en Afrique noire. Au début des années soixante, c’est le Ballet National Djoliba qui apparaît et qui rassemble les plus grands artistes. Ces différentes créations provoquent une exode des batteurs traditionnels qui quittent les villages pour se rendre " avides de gloire " dans la grande ville. C’est à cette époque que furent formés les plus grands batteurs, considérés aujourd’hui comme des références de la musique ; il convient de rappeler qu’ils ont tous été choisis parmi des centaines de participants ce qui leur confère encore plus de mérite. On entend parler de Famoudou Konaté, Fadouba Oularé, Noumody Keïta, Gbanworo Keïta et bien sûr Mamady Keïta qui est resté le plus médiatique. Les grandes formations reprennent les rythmes traditionnels malinké mais cela représente un danger car les plus jeunes tambourinaires qui sont formés à la ville oublient voir ne savent jamais que ces rythmes étaient joués dans un certain contexte traditionnel. Le système des sélections utilisé en Guinée apparaît également dans les grandes villes des pays voisins, notamment au Sénégal et au Mali mais c’est en Guinée que les percussions ont le plus de succès particulièrement avec le djembe. Le genre des musiques jouées par les grands ensembles touchent tous les pays d’Afrique de l’ouest grâce aux enregistrements des Ballets Africains et du fabuleux ensemble des Percussions de Guinée (c’est une troupe qui a été créée par un artiste français en 1988) ; ce dernier a eu un succès considérable sur les scènes du monde entier. En Côte-d’Ivoire et plus précisément à Bouaké sont installés deux tambourinaires réputés qui dirigent leur propre école de percussions. Il y a d’abord Adama Drame, né en 1954 ; il est issu d’une famille de griots de la région de Nouna (Burkina Faso). Il a été membre de la troupe nationale des Ballets de la Volta puis s’est installé dans la ville de Bouaké en 1974. Il a été remarqué par le musicologue Bernard Mondet et depuis 1979 se produit dans de nombreux festivals dans le monde entier. Il a énormément étonné son auditoire en se produisant tout seul sur scène. Il y a ensuite Sougalo Coulibaly, né en 1955, issu de l’ethnie des Bambara, fils du chef du village de Béléko situé au Mali. Il n’a connu que le contexte musical de son village étant jeune, un contexte purement traditionnel et jouait pour accompagner les travaux des champs ou dans les différentes fêtes. Soungalo quitte le Mali pour se rendre en Côte-d’Ivoire où il apprend à jouer du tambour en autodidacte. Il accompagne les batteurs traditionnels dans des fêtes. Une fois installé à Bouaké, dans les années 70, il se fait tout de suite remarquer et comme Adama Drame est souvent invité en Europe pour des festivals ou pour donner des cours. Au Burkina Faso et plus précisément dans la ville de Bobo-Dioulasso, les percussions ne sont utilisées de façon traditionnelle que par les minorités malinké mais ne connaissent pas le même succès que dans les autres villes d’Afrique de l’ouest. Mais on remarque l’émergence d’un style musical nouveau dans lequel se mélangent les traditions des ethnies des Bobo, des Sénoufo et des Bambara. Cette musique s’est fait connaître par un groupe connu mondialement aujourd’hui : Farafina. Depuis cette formation s’évertue à développer les activités musicales au sein de la ville de Bobo-Dioulasso. Enfin, au Mali, la ville de Bamako aurait pu elle aussi développer les structures d’enseignement de musique et c’est ce qu’elle a essayé de faire. Mais les percussionnistes n’ont jamais eu la même renommée que ceux des autres villes de l’Afrique de l’ouest. De grosses difficultés économiques et politiques ont entraîné le départ de presque tous les musiciens réputés ; la colonisation d’abord, la montée de l’islam ensuite n’ont rien fait pour arranger les choses.

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